On a tous expérimentés une douleur qui (ré)-apparait après une période de stress, une émotion intense, un conflit. Quelques fois on ne fait pas le lien entre la récidive de la douleur et nos émotions.
Nos émotions peuvent -elles réellement influencer nos douleurs ?
La douleur est en réalité une expérience construite par le cerveau et par notre système nerveux à partir de plusieurs informations. Il n’y pas un trajet à sens unique, de la zone douloureuse vers le cerveau. La douleur n’est donc pas uniquement une expression corporelle.
Et c’est là que nous trouvons l’explication à notre question.
Grace à l’IRM cérébral, on voit que plusieurs zones s’allument électriquement et simultanément dans le cerveau lorsque l’on a mal. Ces zones sont d’autant plus actives que le ressenti de la douleur est important.
Les différentes zones (cortex somato-sensoriel S1S2, insula, cortex singulaire antérieur, thalamus, cortex préfrontal) sont interconnectées et permettent de traduire cette expérience douloureuse. Ainsi, deux personnes étant soumises à la même intensité de douleur en auront une expérience différente selon leur passé, le contexte émotionnel …, expériences enregistrées dans le cerveau.
Le signal sensoriel (envoyé par la zone douloureuse) et l’expérience affective (ce que l’on ressent) ne sont donc pas identiques.
Et l’émotion dans tout ça ?
Une émotion peut modifier la manière dont le cerveau traite les signaux provenant du corps parce que les réseaux cérébraux qui traitent les émotions, la mémoire, la menace et la douleur sont interconnectés. C’est comme si le signal envoyé par la zone douloureuse passait aussi au tamis de la zone du cerveau qui gère les émotions.
Cela ne veut pas dire que la douleur est dans la tête ! Elle existe bien dans notre corps mais est ressenti selon l’interprétation qu’en fait notre cerveau. Par exemple :
-Une ancienne douleur a été vécue pendant une période de stress, un contexte similaire peut favoriser le retour de la vigilance et de la douleur.
-L’attention portée au corps pendant une période de stress peut rendre une sensation auparavant discrète plus présente et plus douloureuse
-Une émotion négative peut activer le Système nerveux autonome et faire flmaber la douleur
Ainsi dans ma pratique ostéopathique, il arrive que le patient vienne pour une douleur ancienne qui s’est redéclenchée mais que cette fois ci il ne s’agisse pas d’un problème ligamentaire ou lombaire … mais bien du système nerveux qui réagit comme une alarme et traduit le signal sensoriel en douleur.
La séance sera donc portée sur l’apaisement du système nerveux autonome et non pas un travail uniquement focalisé sur l’axe musculo-squelettique.
Chaque séance est différente, même pour le même patient, et même pour la « même douleur » !
Les exercices de respiration et de méditation sont un axe central dans ces cas précis !